Ménopause : ce n’est pas aussi compliqué qu’on le croit
- Ella Ödman

- 10 déc. 2025
- 3 min de lecture
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artie 1: Lorsque les ovaires commencent doucement à ralentir leur activité, chaque femme traverse une expérience qui lui est propre : façonnée par sa physiologie, sa santé, son mode de vie, son histoire, et même sa culture. Et disons-le honnêtement : le mot liberté n’est pas toujours celui qui nous vient à l’esprit lorsqu’une bouffée de chaleur surgit en pleine réunion.
Pour beaucoup, la ménopause ressemble à une sorte d’alarme générale du corps, signalant la fin programmée de la fonction ovarienne : bouffées de chaleur, douleurs articulaires, sécheresse vaginale, sommeil perturbé, brouillard mental…La moitié de l’humanité passera par cette transition : cela représente 47 millions de femmes chaque année.Il est donc plus que temps de déconstruire les mythes entourant l’une des expériences les plus universelles… et pourtant l’une des plus mal comprises.
On nous répète depuis des décennies que la ménopause est mystérieuse, imprévisible, voire impossible à comprendre. Cette confusion a laissé la place à des traitements coûteux, à des discours anxiogènes, et à une impression générale que les femmes seraient déconnectées de leur propre corps.
La vérité est plus simple.Oui, les symptômes sont multiples et chaque femme vit une combinaison unique : bouffées de chaleur, sautes d’humeur, insomnies, troubles de la mémoire, démangeaisons dans les oreilles…Et oui, beaucoup de médecins restent insuffisamment formés pour reconnaître toute l’étendue des manifestations liées à la ménopause.
Mais la cause centrale, elle, est claire : la chute progressive des œstrogènes ovariens, souvent autour de 50 ans, mais parfois bien plus tôt.
Nous possédons des récepteurs aux œstrogènes dans presque toutes les cellules du corps. Quand le taux d’hormones diminue, c’est l’ensemble de l’organisme qui réagit : vagin, cerveau, os, cœur… mais aussi peau, cheveux, microbiote, articulations.
Si l’œstrogène manque, en apporter un peu peut aider : une logique physiologique
Avant 2002, les traitements hormonaux étaient largement utilisés pour réduire les symptômes et protéger la santé à long terme.Puis vint la Women’s Health Initiative (WHI) : une étude dont l’interprétation erronée a semé la peur pendant deux décennies.
Aujourd’hui, les données ont été réévaluées, précisées, et les recommandations sont claires :
Les traitements hormonaux bio-identiques, disponibles en génériques (patch, gel, comprimés), sont efficaces et sûrs pour la majorité des femmes en bonne santé.
Ils soulagent les symptômes vasomoteurs, améliorent la qualité de vie et réduisent le risque d’ostéoporose et de diabète de type 2.
Pour environ 66 % des femmes ayant un utérus, il est nécessaire d’ajouter de la progestérone pour protéger l’endomètre.
Des traitements locaux vaginaux existent également et sont très efficaces contre la sécheresse, la douleur, les infections urinaires ou les urgences mictionnelles.
Les grandes sociétés savantes(American College of Obstetricians and Gynecologists (ACOG), North American Menopause Society (NAMS), Endocrine Society) s’accordent aujourd’hui à dire que, pour la majorité des femmes, les bénéfices dépassent nettement les risques.
Un manque d’information fiable a malheureusement privé beaucoup de femmes d’un traitement qui aurait pu changer leur quotidien.
Pourquoi tant de peur ? Pourquoi tant de confusion ?Parce que l’histoire de la ménopause a été racontée à travers un prisme erroné, qui a déformé la réalité pendant deux décennies.Dans les prochains articles, nous irons plus loin :
Partie 2 : comprendre enfin ce qui s’est réellement passé avec l’étude WHI Partie 3 : déconstruire les mythes les plus tenaces pour redonner aux femmes une information claire, fiable et apaisante.
Références
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