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La ménopause et le traitement hormonal : remettre la science au service des femmes

Dernière mise à jour : 14 janv.

Pendant plus de vingt ans, une grande partie des femmes a été privée d’une option thérapeutique efficace, non pas par manque de données scientifiques, mais à la suite d’une interprétation incomplète et simplifiée de ces données.

En 2002, la publication des premiers résultats de la Women’s Health Initiative(WHI) a marqué un tournant majeur dans la prise en charge de la ménopause. Le message qui s’est rapidement diffusé dans les médias et dans le monde médical était clair, mais excessivement réducteur : « Le traitement hormonal de la ménopause est dangereux. »

En quelques mois, les prescriptions ont chuté de manière drastique. La peur s’est installée, tant chez les patientes que chez les soignants. La ménopause, pourtant vécue par la moitié de la population mondiale, a progressivement perdu sa place dans les priorités médicales.

Ce que l’on a rarement pris le temps d’expliquer, c’est que l’étude WHI comportait plusieurs limites importantes. Les femmes incluses avaient en moyenne 63 ans, bien au-delà de l’âge habituel d’initiation d’un traitement hormonal. Une seule combinaison hormonale, aujourd’hui considérée comme dépassée, a été évaluée. Et surtout, les résultats ont été généralisés à toutes les femmes, sans tenir compte de l’âge, du moment d’introduction du traitement ni du type d’hormones utilisées.

Au fil des années, les données ont pourtant été réanalysées, approfondies et complétées par de nombreuses autres études. La compréhension scientifique de la ménopause et du traitement hormonal a considérablement évolué.

Aujourd’hui, les connaissances sont beaucoup plus nuancées et cohérentes. Lorsqu’il est initié avant l’âge de 60 ans, ou dans les dix années suivant le début de la ménopause, le traitement hormonal peut réduire la mortalité globale, préserver le capital osseux, améliorer la qualité de vie et soulager efficacement les symptômes climatériques. Lorsqu’il est correctement prescrit, il ne s’accompagne pas d’un sur-risque de cancer du sein pour la majorité des femmes.

Le léger excès de risque observé dans l’étude initiale était principalement lié à l’utilisation d’un progestatif de synthèse spécifique, aujourd’hui largement abandonné. Les données montrent par ailleurs que les estrogènes seuls n’augmentent pas le risque de cancer du sein et peuvent, dans certaines situations, être associés à une réduction de ce risque.

Avec le recul, il apparaît clairement que le problème n’a jamais été le traitement hormonal en lui-même. Le véritable enjeu a été la peur, la simplification médiatique et l’absence de mise à jour du discours médical pendant de nombreuses années.

Les conséquences ont été bien réelles : des symptômes minimisés, des femmes laissées sans solutions, une perte de confiance envers le système de soins et un retard considérable dans la prise en charge globale de la santé féminine.

Aujourd’hui, les sociétés savantes internationales s’accordent sur un point essentiel : pour la majorité des femmes en bonne santé, symptomatiques, les bénéfices du traitement hormonal de la ménopause dépassent largement les risques lorsqu’il est prescrit de manière individualisée et éclairée.

Il est temps de replacer la science au cœur des décisions, de sortir des dogmes et de redonner aux femmes une information claire, nuancée et actualisée. La ménopause n’est pas une fatalité. Elle mérite une prise en charge respectueuse, fondée sur les données scientifiques et sur l’écoute du vécu de chaque femme.

La science progresse, mais encore faut-il la transmettre : une femme informée peut enfin décider en conscience.


Références médicales

  1. Rossouw JE et al. Risks and benefits of estrogen plus progestin in healthy postmenopausal women. JAMA. 2002.

  2. Anderson GL et al. Effects of conjugated equine estrogen in postmenopausal women with hysterectomy. JAMA. 2004 ; suivi prolongé JAMA. 2012.

  3. Manson JE et al. Menopausal hormone therapy and long-term all-cause and cause-specific mortality. JAMA. 2017.

  4. Hodis HN, Mack WJ. Timing hypothesis and hormone replacement therapy. Menopause. 2013.

  5. The Controversial History of Hormone Replacement Therapy. PMCID: PMC6780820 – PMID: 31540401.



Ce que l’on a oublié de dire — ou de répéter suffisamment — c’est que :

  • L’âge moyen des femmes de l’étude était de 63 ans, bien au-delà de la période habituelle d’initiation du traitement.

  • Une seule combinaison hormonale ancienne a été étudiée.

  • Les résultats ont été généralisés à toutes les femmes, sans distinction d’âge, de timing ou de formulation.

Depuis, les données ont été réanalysées, confirmées, enrichies.

La science est aujourd’hui claire :

  • Initié avant 60 ans ou dans les 10 ans suivant la ménopause, le traitement hormonal :

    • réduit la mortalité globale,

    • protège le capital osseux,

    • améliore la qualité de vie,

    • et ne présente pas de sur-risque de cancer du sein lorsqu’il est correctement prescrit.

  • Le léger risque observé dans l’étude initiale était lié à un progestatif de synthèse aujourd’hui largement abandonné.

  • Les estrogènes seuls n’augmentent pas le risque de cancer du sein et peuvent même le réduire chez certaines femmes.

Le véritable problème n’a jamais été le traitement hormonal. Le problème a été la peur, la simplification médiatique et l’absence de mise à jour du discours médical.

Résultat :

  • des symptômes banalisés,

  • des femmes laissées sans solutions,

  • une perte de confiance,

  • et un retard considérable en santé féminine.


Aujourd’hui, les sociétés savantes sont unanimes : pour la majorité des femmes en bonne santé, symptomatiques, le bénéfice du traitement hormonal de la ménopause dépasse largement les risques.

Il est temps de remettre la science au centre, de sortir du dogme, et de redonner aux femmes une information claire pour qu’elles puissent faire des choix éclairés concernant leur santé.

La ménopause n’est pas une fatalité.L’ignorance, elle, ne devrait plus l’être.

 

 

 

Références médicales

1.         JE et al. Risks and benefits of estrogen plus progestin in healthy postmenopausal women. JAMA. 2002.

2.           Anderson GL et al. Effects of conjugated equine estrogen in postmenopausal women with hysterectomy. JAMA. 2004 ; suivi prolongé JAMA. 2012.

3.           Manson JE et al. Menopausal hormone therapy and long-term all-cause and cause-specific mortality. JAMA. 2017.

4.           Hodis HN, Mack WJ. Timing hypothesis and hormone replacement therapy. Menopause. 2013.

5.           The Controversial History of Hormone Replacement Therapy - PMCID: PMC6780820  PMID: 31540401

 

 

 
 
 

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